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REPONSE A LADITE "SYNTHESE DE LA COMMUNICATION DU NOTABLE OTTO BAHIZI, CHEF COUTUMIER HUTU..."

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REPONSE A LADITE "SYNTHESE DE LA COMMUNICATION DU NOTABLE OTTO BAHIZI, CHEF COUTUMIER HUTU SUR LA SITUATION DE L'HEURE EN RDC : AGRESSION RWANDAISE SOUS COUVERT DU M23"


Loin de vouloir apporter une réponse exhaustive à tout le contenu du document de l'auteur précité qui, à mon sens, transpire le conflit séculaire opposant les Hutu et les Tutsi au Rwanda et au Burundi et, dans une certaine mesure en RDC, spécialement au Nord-Kivu où les deux communautés ethniques cohabitent depuis belle lurette, ma réponse en tant que Munyamulenge, membre à part entière de la communauté congolaise directement concernée par l'attaque haineuse de cet auteur, sera limitée à son affirmation fallacieuse que nous trouvons au point 4 de son document selon laquelle: "Les Banyamulenge n'existent pas au Congo. Il existe des Tutsi au Congo. Le mont Mulenge est l'une des collines de la chefferie des Bafulero en province du Sud-Kivu. Rien à faire avec les confusions que ces gens créent en RDC et surtout à l'Est de la RDC". En effet, la réponse que je souheterais apporter à mon interlocuteur inconnu est exclusivement scientifique et son objectif, loin de vouloir créer la polémique ou la confusion autour du nom "Banyamulenge", vise au contraire à éclairer la lanterne de tous les lecteurs du message de monsieur Otto BAHIZI qui, à mon sens, constitue un appel à la haine et à la violence envers les Banyamulenge qui sont assujettis depuis six ans environs sous une guerre de nettoyage ethnique à grande échelle. En effet, dans cette guerre d'épuration ethnique, l'un des moyens le plus utilisé pour atteindre l'objectif de déracinement total des membres de ce groupe ethnique en RDC, est de chercher à prouver que le nom de "Banyamulenge" découlerait d'une certaine supercherie savamment élaborée par une certaine élite banyamulenge, dans le but de cacher la véritable identité rwandaise des membres de ce groupe, laquelle supercherie les aurait permis d'obtenir frauduleusement la nationalité congolaise pour laquelle ils n'avaient pas droit. I. Par rapport au nom Banyamulenge Ce nom découle des liens historiques incontestables qui rattachent les titulaires de ce nom à la région de Mulenge. Voici une brève histoire liée à cette vérité incontestable, donc inaliénable: I.1. La fondation du village de Mulenge Le village de Mulenge a été fondé en 1850 par les ancêtres Banyamulenge qui auraient quitté la Plaine de la Ruzizi afin d'échapper au climat chaud et aux maladies endémiques inhérentes à ce dernier, en s'installant dans des régions montageuses où le climat est doux et tempéré. Voici comment les différents auteurs présentent cette vérité historique: "De la plaine de la Ruzizi (Kakamba) ces populations d'origines diverses furent obligées par le climat chaud et des maladies endémiques de la plaine de la Ruzizi à monter dans les régions montagneuses. Elles fondèrent le premier grand village auquel elles donnèrent le nom de Mulenge vers 1850. Du centre de Mulenge, elles s'éparpillèrent sur les plateaux communément appelés "Plateaux de l'Itombwe" en fondant successivement les villages suivants: Ruvumera, Ndegu et Gatobo en 1860 et Muhanga en 18650. Leurs chefs les plus connus étaient Nyiriminege et Nyirimuhanga (Mutambo J., p.20)". Soulignons qu'à l'époque de la fondation du village de Mulenge, l'actuelle chefferie des Bafulero n'existait pas dans ses dimensions géographiques actuelles. Car, à cette époque, au Sud-Kivu, à part d'une chefferie Bashi hautement centralisée à l'époque précoloniale, ce n'est que lorsque les autorités belges essayèrent d'imposer leurs propres structures administatives, entre autres, en intégrant et réorganisant les structures du pouvoir coutumier existantes, que la domination du mwami sur le foncier fut consolidée (Vlassenroot K., p.66)." En d'autres termes, l'étendue de la chefferie des Bafulero intégrant à son sein la région de Mulenge est le résultat de la réorganisation administrative initiée par la colonisation à travers le décret du 5 décembre 1933 qui a été adoptée conformément à la lettre circulaire du 8 novembre 1920 du Ministre de la Colonia L.Franck (Mutambo J., p.66). En effet, la crise économique de 1929 avait imposé aux puissances coloniales des mesures d'austérité dans la gestion des entités administratives coutumières créées ou à créer. C'est ainsi que fut adoptée une politique radicale de réduction du nombre des entités traditionnelles dans le souci de diminuer le coût de leur gestion et de centraliser leur pouvoir de contrôle (Id.p.65). Mais, avant cette réorganisation administrative de 1933, la région de Mulenge, berceau des Banyamulenge au Congo et leur capitale administrative coutumière était sous le contrôle exclusif des membres de cette communauté ethnique, car cette sous-chefferie était dirigée par Mutayega, qui était un notable du chef Bigimba, fils de Kaila (Loons R., p.9). C'est dans le même odre d'idées que le chercheur Koen Vlassenroot renchérit en nous livrant les renseignements suivants sur la région de Mulenge: "Des Pasteur's Tutsi s'installèrent d'abord à Kakamba, dans la Plaine de la Ruzizi, mais gagnèrent rapidement une zone de plus haute altitude, autour de Lemera, qui offrait un climat plus propice à leur bétail. C'est ici qu' ils fondèrent le village de Mulenge , du nom du montagne voisine. Cet endroit allait devenir la semi-capitale des nouveaux arrivants, et, il donnant à la communauté au sens large le nom sous lequel elle sera connue par la suite: les Banyamulenge (Vlassenroot K., p.20. A propos de la chefferie coutumière précoloniale du chef Kaila (Kayira), elle avait été reconnue par le pouvoir léopoldien à travers les décrets respectifs du 6 octobre 1891 et du 3 juin 1906 (C. Andre, P. Dupont et.al.). Quant à l'étendue de cette chefferie coutumière banyamulenge, elle nous est rapportée indirectement par les écrits de l'ancien Administrateur belge Réné Loons en ces termes: Les Banya Ruanda de Kaila: leur apparition dans le Bufulero remonte à l'époque de Nambako alias Lwamwe, soit avant l'occupation européenne. Ils abandonnèrent leur milieu d'origine pour échapper aux cruautés de leur roi Kahindiro. Soulignons en passant que le règne de Kahindiro est situé entre 1746-1802. Les Chefs Bafulero:

1) Rukalisa (Sange-Kigoma)- notable Rukalisa (Kaila); 2) Muhanga (Kabika-Sange)-notable Nirimuhanga (Nyirimuhanga); 3) Mulenge (haute Sange)-notable Mutayega; 4) Katiaso (Sange)-notable Kitimbwa (Gitimbwa); 5) Kigushu (Lemera)- notable Ngenganie (Ngenganyi); 6) Mutunda (Lemera)-notable Shebabukwa; 7) Kwikabiro "Kuwugabiro" (Muhungu-Ndahebwa)-notable Kasambi (Gasambi); 8) Kihande (Ndagunga)-notable Bushambe (Loons R., p.9). En effet, tous ces notables cités par Loons sont des Banyamulenge et leurs descendants sont bien connus et identifiables parmi les membres de la communauté Banyamulenge, et les entités qu'ils dirigeaient faisaient partie de la chefferie de Kaila qui fut supprimée et intégrée au sein de la chefferie agrandie des Bafulero en 1933. Dans la réunion qui s'est tenue à Mulenge le 23/5/1934, laquelle a intégré définitivement ces entités dans la chefferie de Bafulero en les réduisant à quartre seulement sous le contrôle du chef coutumier Nyirimuhanga (l'ancien chef coutumier de Muhanga sous Kaila) qui fut élevé au rang de chef de Groupement lors de cette réunion, les sous-chefs suivants ont été choisis pour l'aider à administrer l'ancienne chefferie de Kaila, cette fois-ci sous le contrôle de la chefferie de Bafulero:

1) Mutayega, notable de Mulenge; 2) Kazana (fils de Gitimbwa), notable de Katiaso (Gatyazo); 3) Nyiriminege, notable de Kihande (Gihande); 4) Nzeyimana, notable de Migera (Lemera) ( voir le Procès-verbal de la réunon de Mulenge du 1934). Et lorsque Loons parle des Bafulero, il ne faut pas entendre les membres de la tribu actuelle des Bafulero, mais au contraire, de plusieurs tribus composées des fractions suivantes: 1) Bahamba, directement apparentés au fondateur Kahambalingisi (Matakambo-Mbabaro- Rusagara-Ngabwe); 2) Les Barungu, qui descendent en ligne directe de l'ancêtre Na Muka-Mubondwe (Kaluzi-Rutaha); 3) Les Bazige ou Bazeke, d'origine burundaise (Kalunga-Ndahebwa); 4) Les Banya- Ruanda (Livuze, et les pasteurs Watusi autrefois groupés sous Kaila (Loons R., p.4). A propos des Bahamba ou le clan régnant chez les Bafulero, Jacques-Marie François Depelchin nous livre cette information intéressante en rapport avec leur établissement dans leur milieu actuel: La plus grande partie des chefferies Vira et Furiiru sont à cheval sur les pentes et les hauts-plateaux, mais presque aucun Furiiru et Vira ne vit sur les hauts-plateaux. Ils se sont surtout installés sur le versant ou dans la plaine. Le fait que les Furiiru et Vira ont longtemps préféré les pentes de la montagne est compréhensible si l'on se rend compte que les régions d'où ils venaient étaient principalement montagneuses de Bunyindu, Burinyi, Lwinja, Kaziba et Ngweshe, qui sont contiguës à la zone d'Uvira. Il est difficile de dater et de carographier le mouvement migratoire de Furiiru et de Vira loin de ces régions. Moeller affirme que les Furiiru et les Vira vivaient dans leur milieu actuel depuis le XVIIe siècle. Cela est difficile à accepter, surtout pour la plaine où les Furiiru et Vira ne venaient chasser que par intermittence. En fait, la migration n'est peut-être pas pas le terme approprié parce que des contacts ont été maintenus avec les groupes d'origine. Il serait peut-être juste de parler d'expansion de la population dans les régions citées ci-dessous. En effet des petits groupes des Furiiru ont commencé à s'installer dans la plaine dans les annéea 1880. Ceux-ci étaient généralement des familles individuelles. Les Furiiru et Vira ont préféré rester dans la montagne car leurs besoins étaient facilement satisfaits. De plus, par l'expérience, ils s'étaient aperçus que le climat de la plaine n'était pas aussi sain que celui de la montagne (Depelchin J-M F., pp.32-33). Toujours au sujet des Bahamba, Joseph Mutambo a écrit à leur sujet que : "Les traditions orales des Bafulero affirment la préexistence d'un autre groupe de Balemera préetabli dans la région de Lemera au moment où les Bahamba émigraient (Mutambo J., p.36). En effet, lorsque les ancêtres des Banyamulenge étaient à Kakamba autour des années 1746-1802, Lemera était habité par un certain Kalemera qui serait l'ancêtre biologique des Balemera, un des clans de Bafulero. Les enquêtes nous ont révélé que ce Kalemera était un Pygmée rwandais qui vivait dans la région de Lemera avec la mission de procurer au royaume du Rwanda les peaux de Léopard _(Déclaration de Bishop Prosper Muzaliwa, ancien Conseiller de la chefferie de Lemera en 1986). Il faudra aussi souligner que c'est durant l'époque coloniale que Lemera est devenu le chef-lieu de la chefferie des Bafulero comme l'affirme Bosco Muchukiwa dans ses écrits en termes suivants: "Réné Loons a constaté que la capitale comme lieu de résidence de l'autorité clanique la plus influente était d'abord à Mbako près de Ndolera à l'Ouest de Luvungi, et fut enfin tranférée à Lemera. La fixation définitive de la capitale à Lemera est le produit de la colonisation (Muchukiwa B., p14). Les mêmes recherches nous ont permis de déterminer que jusqu'en 1957, le chef-lieu de la chefferie des Bafulero était à Butole. Pour dire que sa fixation à Lemera se situe autour des années 1960 (Bishop Prosper Muzaliwa, op.cit.). Tout ceci nous permet de démontrer que lorsque les ancêtres Banyamulenge s'installaient dans la région de Mulenge autour de l'année 1850 en provenance de Kakamba dans la plaine de la Ruzizi, les Bahamba qui est le clan régnant chez les Bafulero n'étaient pas encore établis à Lemera qui est une région voisine de Mulenge. Sinon, les Bahamba auraient assujettis les ancêtres Banyamulenge sous la domination de leur chefferie coutumière. Or, la vérité historique est que la chefferie des Bafulero et celle de Kaila ont coexisté de manière indépendante. La capitale de la chefferie de Kaila était basée à Rurambira dans la région de Mulenge, tandis que celle de la chefferie de Bafulero à Mbako. Et ce n'est qu'après la suppression de la chefferie de Kaila en 1933 que la région de Mulenge fut soumise sous l'autorité du mwami des Bafulero qui l'administrait toujours à travers le chef Nyirimuhanga qui, à son tour l'administrait à travers un sous-chef Munyamulenge du nom de Mutayega _(voir le procès de la réunion de Mulenge du 23/5/1934). Ceci rend même hypothétique la thèse selon laquelle "lorsque ancêtres Banyamulenge sont entrés sur le territoire de la RDC actuelle, ils auraient obtenu des terres à habiter de la part du mwami Nambako alias Lwamwe lorsqu'ils se sont installés à Mulenge et dans les régions voisines comme le prétendent certains auteurs. Comment le chef Fulero Nambako pouvait-il attribuer les terres qu'il ne contrôlait pas effectivement, lorsque nous savons qu'au Sud-Kivu, à part d'une chefferie de Bashi hautement centralisée à l'époque précoloniale, dans d'autres partie de la province, la domination du mwami sur le foncier a été consolidée par la colonisation lors de la réorganisation administrative de 1933? (Vlassenroot K., p.18). I.2. Les Banyamulenge ne sont tous d'origine rwandaise, ils ne sont pas que de Tutsi Selon Joseph Mutambo Jondwe, le village de Mulenge réunissait des populations d'origines diverses: 1) Celles venues du Rwanda précolonial et représentés par les clans importants suivants: Abasinga, Abega, Abanyabyinshi, Abasita, Abatwari, Abitira, etc.; 2) Celles venus du Burundi précolonial: Abongera, Abahondogo, Abanyakarama; 3) Celles venus du Tanganyika (Tanzanie) précolonial: Abaha, Abapfurika, Abahinda, etc .; 4) Des personnes d'origine rwandaise ou burundaise dont les clans n'existent que chez les Banyamulenge, _signe de leur ancienneté séculaire dans l'Itombwe:_ Abasegege, Abasama, Abasinzira, Abasizana, Abanyamushaka, Abadinzi, Abahenda, etc.; 5) Des Bafulero devenus Banyamulenge et dont les descendants don't bien connus: Les Batumba; 6) Des personnes rachetées aux mutins Batetela de l'expédition de Dhanis, en 1898, parfaitement intégrées aux Banyamulenge à part entière (Mutambo J., p.41). Ainsi, avant de conclure, il faudra souligner que l'entrée des ancêtres Banyamulenge, jadis appelés Banya Ruanda, Ruandas ou Tutsi de l'Itombwe sur le territoire qui deviendra le Congo lors de l'occupation européenne s'est faite à travers des épisodes successives dont les plus connues sont les suivantes: 1) Celle de Serugabika dont l'époque n'est pas connue; 2) Celle des descendants de Byinshi dont l'époque serait de 1510-1543; 3) Celle de la famine qui coïncida avec le règne de Yuhi IV Gahindiro situé entre 1746-1802. Ce groupe serait entré au futur Congo sous la conduite de Kaila et non de Bigimba comme le laissent entendre certains auteurs qui confondent ce dernier avec son père biologique Kaila Sagitwe; (Mutambo J., pp.18-19). 4) Les écrits de Loons nous montrent qu'il y aurait eu une dernière vague dite de Livuze dont Gahutu fut le chef. Ce groupe serait entré sur le territoire congolais et se serait installé chez Kabwika à Luvungi en 1910. Cet auteur nous dit que la plupart d'entre eux sont rentrés au Rwanda (Loons R., p.8). Enfin pour conclure, nous souheterions adresser à l'endroit de notre interlocuteur inconnu les recommendations suivantes: 1) Demande insistante de s'abstenir de transposer chez les Banyamulenge la haine viscérale séculaire des Hutu-Tutsi du Rwanda et du Burundu, car ces deux classes sociales sont inconnues chez nous; 2) Obligation de s'abstenir d'entretenir une certaine confusion autour du nom de Banyamulenge, car ce nom leur provient du patrimoine ancêstral inaliénable que nul ne peut prétendre effacer, sauf Dieu; 3) Obligation de s'abstenir de disséminer sa haine à travers ses écrits fallacieux, sinon, il y a risque que ses écrits lui soient opposables devant la justice un jour, car dit-on, les paroles s'evolent, les écrits restent; et 4) Enfin, dans ce monde multiracial où les principes élémentaires de la vie en communauté sont la non-discrimination, la tolérance mutuelle et l'amour du prochain, une cause fondée sur des motifs égoïstes, Hutu-Tutsi ou Bantous-Hamites ne triomphera jamais. À bon entendeur, merci.

Fait à Nairobi ce 13/12/2022 Oscar Niyongabo Buzi Chercheur indépendant ihorindebera@gmail.com

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