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L'attaque du Camp des déplacés de Mikenge par les Mai Mai

Updated: Sep 15, 2020

L'attaque du Camp des déplacés de Mikenge par les Mai Mai: un bilan de sept personnes blessées par des balles perdues selon le capitaine Kasereka des FARDC Sokola II sud Sud-Kivu. Quelle contre contradiction?


Camp des déplacés de Mikenge

Dans la matinée du 28 mai 2020, le Camp des déplacés de Mikenge a été encore pour la deuxième fois attaqué par les Mai Mai en provenance de Kipupu, le fief traditionnel du clan Basimukinje, une des composante de la tribu Babembe des Hauts-Plateaux d'Itombwe qui ont juré par tous les démons de haine ethnique de chasser les paisibles paysans Banyamulenge dans leur milieu naturel.


Cette attaque a occasionné  sept personnes blessées, femmes, enfants et hommes confondus, tous membres de la Communauté Banyamulenge.


Il sied de signaler que le même Camp de Mikenge hébergent des déplacés de toutes les communautés congolaises des Hauts-Plateaux, notamment les Bembe, les Fuliru, les Nyindu et quelques Bashi qui ont choisi ce milieu pour des raisons d'activités lucratives.


Ce qui est préoccupant comme nous venons de le signaler ci-haut est que toutes les victimes de cette attaque sont uniquement les membres de la Communauté Banyamulenge.


C'est qui est plus grave encore est le fait que le porte-parole des FARDC Sokola II sud Sud-Kivu, le capitaine Kasereka Dieu-donné, tout en reconnaissant que le Camp des déplacés de Mulenge a été attaqué par un groupe armé Mai Mai qu'il appelle le Bilozebishambuke d'obédience fuliru, tribu qui n'habite pas à Kipupu, il  nous donne un bilan de sept personnes qui seraient blessées par des balles perdues.


En effet, selon l'internaute, le terme balle perdue évoque le fait que la balle a atteint une personne qui n'était pas la cible du tireur. Ou encore une balle tirée qui cause un dommage collatéral en touchant une personne non ciblée.


Est-il possible dans le cas d'espèce à un officier de l'armée régulière d'ignorer cette notion technique de sa profession, pour l'appliquer de manière erronnée à une situation aussi évidenté que celle de l'attaque du Camp de Mikenge du 28 mai 2020, qu'il reconnaît lui-même d'avoir été la cible de ladite attaque, ou serait-ce une façon délibérée de voiler la volonté déclarée des assaillants de s'attaquer uniquement aux membres de la Communauté Banyamulenge, qui ont été les seules victimes de cette attaque?


Serait-ce par mauvaise coïncidence que toutes les balles ennemies sont allées tomber uniquement sur les victimes Banyamulenge, alors qu'elles étaient dirigées à d'autres cibles que le capitaine devrait identifier dans son communiqué, en vue d'ôter toute confusion sur le vrai objectif de cette l'attaque dont, à notre sens, il cherche à protéger ses auteurs?


Une autre confusion entretenue dans le communiqué des FARDC Sokola II sud Sud-Kivu, est que son porte-parole attribue cette attaqué au groupe Mai Mai Bilozebishambuke, un groupe armé fuliru qui, à notre sens devrait provenir d'ailleurs qu'à Kipupu, le fief du clan Babembe de Basimukinje.


L'origine tribale du Mai Mai abattu pendant l'attaque atteste que groupe concerné n'était pas le Bilozebishambuke, car  ce Mai Mai est un Mubembe du clan Basimukinje de Makaina, fils d'un certain Emomo, et petit-fils de l'ancien Greffier du Secteur d'Itombwe, le feu Daniel Mukilicibwa.


La vérité sur l'identité tribale du groupe Mai Mai ayant attaqué ce Camp est confirmée par l'un des déplacés du Camp attaqué qui a été joint par téléphone par l'Honorable Enock Ruberangabo Sebineza après l'attaque, qui affirme que ce groupe Mai Mai est de Kipupu et que ses membres sont les Babembe de Kipupu, de Makaina et de Mikenge qu'ils connaissent très bien du fait d'avoir cohabité longtemps avec eux avant la guerre actuelle.


Devant toutes ses falsifications entretenues par le capitaine Kasereka sur ladite attaque, d'aucuns se demanderaient sur le vrai motif qui serait à la  base de cette confusion qui émaille son communiqué.


A notre humble avis, devant ces questionnements insolites, nous sommes tenté de croire à la continuité de la mise en exécution du plan de nettoyage ethnique des Banyamulenge à travers des tuerries selectives que nous ne cessons de dénoncer dans nos écrits, comme étant un complot munitieusement mûri dans des milieux occultes et dont l'issue pourrait certainement aboutir à l'extermination des members de cette Communauté dans leur milieu d'origine devant le regard complice des FARDC et des autorités congolaises en charge de la sécurité, qui jouent dans ce drame, le rôle de supervision et d'encadrement de ce plan macabre.


Et le communiqué mafieux du capitaine Kasereka devrait être analysé dans la même logique, parce que d'une part ce communiqué cherche à innocenter les Mai Mai comme si les victimes actuelles de leur attaque n'étaient pas véritablement celles qui étaient visées, et d'autre par il cache l'identité tribale des assaillants en attribuant faussément l'attaque aux Bilozebishambuke, alors que l'identité du Mai Mai abbatu pendant l'opération, combinée au lieu de provenance dudit groupe armé démontrent aisément qu'il s'agit d'un groupe armé d'obédience bembe.


Il est important de signaler que la région de Kipupu, le lieu de provenance de ces Mai Mai est situé à plus ou moins vingt kilomètres du Camp de Mikenge. Tandis que le Camp des déplacés est situé entre quatre positions militaires FARDC, notamment celles de Makaina, Kihanama, Mikenge et une autre Position dont le nom n'a pas été cité par le déplacé de Mikenge qui a été joint par téléphone par l'Honorable Enock Ruberangabo Sebineza après l'attaque. Ces Positions sont situées toutes entre deux et trois kilomètres de distance du Camp attaqué.


Devant cette situation confuse, nul ne peut s'empêcher de croire à l'existence d'un complot préalable ayant conduit à l'attaque du matin du 28 mai 2020 dans lequel les FARDC auraient joué un rôle déterminant en facilitant les assaillants d'accéder sans obstacle au Camp de Mikenge, et que la véritable cible de leur attaque étaient les Banyamulenge comme le prouve la totalité du nombre des victimes.


Ce scenario rappelle le drame de Gatumba de 2004 dans lequel la majorité des victimes ont été les Banyamulenge, alors que leurs tentes étaient construites au même endroit avec celles des membres d'autres tribus congolaises qui étaient dans le même Camp.


Mais aussi, ce scenario nous rappelle la destruction de tous les villages de la région d'Itombwe en présence des militaires de l'armée régulière qui avaient des positions à moins de deux kilomètres de distance desdits villages.


Aujourd'hui, ce sont les rescapés de ces villages qui ont résisté héroiquement à emprunter le chemin d'exil, comme c'est la volonté réelle des tireurs de ficelles dans cette guerre, qui ont été attaqués.


Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes il y a un message qui circule sur différents groupes WhatsApp dont l'origine est inconnue, faisant état de l'existence d'un complot entre les assaillants et le Commandant FARDC Mikenge.


Et si le contenu de ce message était avéré, ne serait-il pas la raison même de l'ambiguïté entretenue imprudemment par le  capitaine Kasereka dans son communiqué sur la véritable cible de l'attaque et l'identité même des assaillants?


Nous louons toutefois la bravoure du contingent de Monusco basé à Mikenge et de Militaires des FARDC qui ont  essayé tant bien que mal à défendre les victimes en  poursuivant les Mai Mai et sont parvenus à récupérer les vaches qui avaient été pillées et les ont remises à leurs propriétaires.


Nous compatissons aussi avec les militaires des FARDC et de la Monusco qui ont été blessés pendant l'opération de poursuite des assaillants dans laquelle ils ont récupéré les vaches pillées au risque de leurs vies.


Si cette politique de combat était de mise devant toutes les attaques Mai Mai contre les populations civiles et leurs biens, elle pourrait être salutaire pour toutes les populations des Hauts-Plateaux et marquerait un tournant décisif et stratégique et pour les FARDC et le contingent de Monusco dans le cadre du rétablissement effectif de la paix dans les Hauts-Plateaux d'Itombwe, Fizi et Uvira.


Devant cette situation sécuritaire préoccupant  que traverse les populations des Hauts-Plateaux d'Itombwe, Fizi et Uvira, nous condamnons fermément l'attitude du capitaine Kasereka dans la gestion de l'information liée à la guerre qui ravage ce milieu, car elle déroge diamétralement à son devoir militaire que lui intime la constitution du pays de servir sans parti-pris toute la nation congolaise.


A cet effet, nous demanderions:


1. Au Gouvernement congolais


- De prendre des mesures effectives pour la sécurisation des toutes les populations des Hauts-Plateaux en général et particulièrement les Banyamulenge, du fait qu'ils constituent la principale sinon l'unique cible de la guerre qui sévit dans ce milieu tel que le démontre les réalités quotidiennes de cette guerre;


- Mener des enquêtes  visant à identifier les militaires de l'armée régulière ayant une part de responsabilité dans cette guerre en vue de les sanctionner.


- De déclencher des opérations militaires contre tous les Mai Mai et les rebelles burundais qui constituent les acteurs principaux de la guerre des Hauts-Plateaux, car le rôle des Twirwaneho et des Gumino est réduit à défendre la population civile Banyamulenge menacée d'extermination par ces groupes précités.


A l'ONU


- D'étendre le mandat du contingent militaire de la Monusco lui permettant de s'attaquer aux groupes armés Mai Mai et à leurs alliés rebelles burundais qui sèment terreur et désolation contre la  population civile Banyamulenge concentrés à Minembwe, Mikenge et dans le Groupement de Bijombo devant le regard complice des FARDC.


Que la sécurité et la paix soient  le socle de l'action du Gouvernement actuel au bénéfice de tous les Congolais sans distinction tribale ou ethnique.


Me Oscar Niyongabo Buzi

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